Les forces du Nold

Les psychologues sont formels : ceux qui ont grandi entre les années 1960 et 1980 ont développé des forces mentales de moins en moins fréquentes aujourd’hui…

Une étude rapportée par Cottonwood Psychology a révélé que les leçons de vie acquises à l’époque de notre enfance ou adolescence nous ont appris des compétences salvatrices. Et on ne parle pas de savoir replier une carte Michelin !

Nous nous sommes amusées à nous rappeler tout ce qu’on vivait dans ces années et, certes ce n’était pas mieux avant, mais on en a tiré certaines ressources… 

Par exemple, on a appris à prendre du recul car, souvenez-vous, on en a entendu des vertes et des pas mûres, qui aujourd’hui, ne pourraient plus être exprimées ! 

Lors d’un rendez-vous, on se débrouillait pour se retrouver et ce, sans téléphone portable. 

On savait s’ennuyer, avec tous les bienfaits que cela comporte, maintenant bien documentés. 

Avec tout ce qu’on a vécu et dépassé, on peut dire que les Nolds sont au centre du jeu. Une vraie génération de transition, fluide, un pied dans ce passé que les plus jeunes nous envient car ils l’imaginent plus simple qu’aujourd’hui et un pied dans l’avenir, maîtrisant les outils digitaux sans renoncer aux plaisirs analogiques (lire un bon livre papier, quoi !).
Alors, valorisons tous nos acquis et réjouissons-nous : être Nold, c’est de la bombe. 

Anne et Charlotte, en pleine possession de leurs forces.

LA PENSÉE DU JOUR

JUST NOLD IT

Les recettes concrètes

On a appris à serrer les dents : nombre d’entre nous se sont entendu dire, quand ils se sont égratigné le genou, « allez, relève-toi et cesse de faire la comédie », et hop mercurochrome ou trois herbes magiques sur la plaie et roule ma poule.

On a appris à écouter : les enfants devaient rester à leur place « sans broncher » quand les adultes parlaient pendant ce qui nous paraissait être des heures dans les repas de famille. Cela a pu limiter notre confiance en matière de prise de parole mais cela a développé notre capacité à sentir et à cerner les atmosphères et à affiner notre intelligence des situations.

On a appris à attendre : que ce soit pour la commande passée à la Redoute ou aux Trois Suisses de ce magnifique pyjama en pilou repéré dans leur catalogue, ou pour qu’une cabine téléphonique se libère afin de pouvoir passer un appel, ou encore pour récupérer un billet au guichet de la SNCF avec son petit numéro qu’on désespérait de voir appelé.

On a développé de la créativité quand il fallait trouver comment illustrer son exposé en allant découper des images dans les magazines.

On a appris à s’autosuffire et à rêvasser : on n’avait pas un téléphone sous la main pour nous distraire.

On a appris la joie différée, le goût du temps long et de l’imperfection heureuse : finir une pellicule et attendre le développement des photos, découvrir les ratés, les surprises, les trésors.

On a appris à tenir nos engagements : quand on donnait un rendez-vous sans GPS ni “je partage ma position” : 18h devant le ciné, sous l’horloge, il ne s’agissait pas d’y déroger sans bonne raison.

On a exercé notre patience et notre rapidité de réaction en enregistrant des cassettes à la radio, en priant pour que l’animateur ne parle pas sur le refrain.

On a appris à aller à l’essentiel : un appel en cabine, des pièces qui s’épuisent, et il fallait caser tout ce qu’on avait à dire avant la tonalité fatale. Résultat : concision, priorisation, efficacité.

On a appris la débrouille : carte, plan de ville, repères visuels, et le courage de demander son chemin.

On a développé de l’empathie et l’apprentissage des émotions complexes : en se nourrissant des romans en tout genre qui peuplaient nos temps libres. À l’époque, pas de “résumé en 30 secondes” : on vivait les histoires jusqu’au bout.

On a connu la culture collective et les débats : sans algorithmes, on regardait les mêmes films, les mêmes émissions qu’on commentait le lendemain à la récré

On a appris à gérer les conflits en vrai : une brouille dans la cour, une dispute dans la bande, puis une réconciliation. On a appris à se dire les choses, sans écran interposé et autrement qu’avec des emojis.

On a appris à réparer plutôt que jeter, bidouiller, bricoler : scotch, colle, couture express, et l’objet repart pour un tour. Une capacité plutôt très utile aujourd’hui à la mode de la seconde main.

Voilà, un petit tour dans le passé pour se rasséréner sur nos capacités : loin d’être périmés, nous sommes au contraire particulièrement adaptés à ce présent complexe et incertain. Et peut-être même plus que certains jeunes qui disent se sentir démunis et en détresse mentale. Et si notre responsabilité aujourd’hui n’était pas d’incarner auprès d’eux une force Nold tranquille ?
N’hésitez pas à faire suivre cette Noldletter très « voyons le verre à moitié plein » à tous ceux qui, jeunes ou moins jeunes, ont besoin de prendre du recul et d’une dose d’humour !

POUR ALLER PLUS LOIN

Ecouter les souvenirs de Vincent Delerm “les filles de 1973 ont 30 ans”

Lire l’article : « les psys sont formels : tous ceux qui ont grandi entre les années 1960 et 1980 ont développé ces 6 forces mentales que l’on retrouve de moins en moins aujourd’hui »

Se souvenir de ce qu’on pouvait faire dans les années 90

DECOUVRIR NOS DERNIERS ARTICLES

Cet article vous a plu ?

3 Comments.

  1. Merci pour ce partage nostalgique qui fait du bien à lire…on aurait presque envie de dire que c’était mieux avant, mais je vais passer pour un vieux machin 😉.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *