Vous aussi vous avez du mal à lâcher ?

Juste avant de partir en vacances, il nous a paru utile de lire le livre d’Anaïs Gauthier, « La stratégie du repos, Apprendre à se régénérer dans un quotidien surchargé ». Ce qui nous a frappé de prime abord, c’est l’analogie qu’elle fait entre l’épuisement des ressources de la terre et l’épuisement de nos propres ressources.

Et de faire du repos une condition de durabilité personnelle, un équivalent individuel de la régénération dans les systèmes vivants.
Le paradoxe de notre époque est que nous n’avons jamais eu autant de temps libre théorique et pourtant nous sommes épuisés. L’autrice considère que la société moderne a perdu la capacité à se reposer véritablement, à cause de la sur-stimulation permanente, des écrans, de la pression à être productif et de l’habitude de remplir le moindre espace vide.

Or, le repos ne devrait pas être une récompense après l’effort mais une ressource stratégique à cultiver en permanence.
C’est ce que nous dit aussi Tal Ben-Shahar qui fut professeur de bonheur à Harvard «Stress is not the issue, lack of recovery is » (le problème n’est pas le stress, mais notre incapacité à récupérer » et de nous enjoindre à penser à des micros-pauses dans la journée, des temps de respiration dans la semaine et des temps de vacances… Les vacances, nous le rappelons, étant en fait une absence d’activité, ce qu’Anaïs va nous décrire ci-dessous.

Anne et Charlotte, bien décidées à mettre ce programme en place cet été / bien décidées à prendre les choses comme elles viennent cet été, sans programmation aucune.

LA PENSÉE DU JOUR

JUST NOLD IT

Comment vivre des vacances régénérantes ? Le témoignage d’Anaïs Gauthier

Les vacances n’ont pas été inventées pour se reposer. Au XVIIIe siècle, la paresse et l’inactivité sont vues comme une maladie mentale qu’il faut soigner. En 1936, l’entrepreneur Billy Butlin fait du lobbying pour obtenir les premiers congés payés au Royaume-Uni. La même année il ouvre son 1er village vacances qui plonge dans « un tourbillon continu d’activités ». « La réflexion, la paresse, la méditation, de telles aspirations n’étaient pas admissibles dans le monde de Butlin. Le divertissement non-stop était à l’ordre du jour afin que les masses retournent à leur poste de travail toutes ragaillardies. » Le concept de vacances actives est né ! Le temps n’est plus vacant, il faut le remplir d’activités. Optimiser, profiter, vibrer, visiter ! Les vacances doivent divertir, faire vivre des expériences inédites et satisfaire notre quête de bonheur dans une logique d’efficacité et de consommation. Le concept même de vacances s’est construit sur l’idée de compenser l’effort au travail par un foisonnement d’activités librement choisies. Les vacances doivent être réussies. La recherche de la performance ne prend pas de vacances…

C’est justement parce que nous cherchons constamment à optimiser et tirer le plus possible de chaque minute de temps, que nous sommes épuisés. Seule la régénération rend possible la performance. C’est parce que j’accueille pleinement mon besoin d’oisiveté et de lenteur lorsque j’en ressens le besoin que je suis pleinement efficace, créative et performante lors des temps d’activité. C’est parce que je suis en capacité d’écouter les besoins de mon organisme que je suis tolérante et empathique avec mon entourage.

En tentant de rendre vos vacances inoubliables, vous pourriez oublier l’essentiel : vous laisser vivre à votre rythme, renouer avec les besoins de votre organisme plutôt que de le soumettre à la dictature de votre mental et du programme prévu.

Les vrais vacances c’est de reprendre contact avec son propre rythmique intime. Ressentir et ajuster au fil des heures et des jours pour vous offrir une bulle de soin et de régénération.

Se reposer est un acte d’amour pour soi et pour le monde.

Vous le méritez.

TEST AND NOLD - Les conseils d’AnaÏs Gauthier

Comment faire pour que vos congés soient véritablement ressourçant ?

Voici 3 pistes à explorer pour vous extraire temporairement de la frénésie à laquelle nos cerveaux sont habitués et vous offrir un peu de répit.

1. Sécuriser votre organisme

Lorsque je ressens que mon organisme a véritablement besoin de se ressourcer, je privilégie un environnement qui m’est familier. Rester chez soi ou s’installer chez un ami ou dans un village connu est bien plus sécurisant pour notre système nerveux que de partir vers l’inconnu et permet alors au mental et au corps de se déposer. A la condition que vous soyez exempt de toute injonction ou obligation (de logistique, de vie sociale, etc) et que s’il y a présence d’autrui, cette présence n’enclenche pas en vous des schémas qui rendent difficile la régénération profonde.

Si un grand voyage est prévu pour vos congés, peut-être pouvez-vous préserver une ou deux journées en début et en fin de séjour afin de vous offrir un sas de décompression et d’adaptation ? L’idéal étant même d’avoir un peu de temps chez vous entre le retour et la reprise du rythme quotidien.

2. Différencier le repos du divertissement

Nos cerveaux et nos systèmes nerveux étant conditionnés à la sur-activité, il n’est pas rare que les vacances deviennent une chasse à l’ennui ! Tout est bon pour se divertir !

Je vous propose de profiter de cette période hors de la routine pour mettre de la conscience sur ce qui motive votre mise en action : est-ce réellement par goût ou désir de vous adonner à telle ou telle activité ou est-ce davantage par fuite du ralentissement et de l’ennui ?

Et si avant de vous engager dans cette randonnée, ce pique-nique ou cette sortie sur l’eau, vous preniez 2 minutes pour sentir où en est son système nerveux ? Est-il agité, éteint, disponible ? Selon où vous en êtes, il se peut que l’activité prévue soit adaptée ou qu’au contraire vous ayez besoin d’autre chose.

3. Ne pas remplir le vide

Je vous propose de faire une expérience que vivent les personnes que j’accompagne dans l’exploration de leur relation au temps : profiter des congés pour prévoir à minima une journée complète sans rien de prévu ! Ni rendez-vous, ni activité, ni course ni obligation. Si vous êtes en couple, en famille, entre amis, organisez-vous en amont en expliquant à votre entourage que vous souhaitez faire une expérience et qu’ensuite vous serez disponible pour partager des moments avec eux. Autorisez-vous à demander le concours de votre conjoint.e ou de vos enfants s’ils sont déjà grands ou d’une tierce personne afin d’assurer l’intendance pour vous libérer cette journée.

Vivez alors cette journée du lever au coucher à votre rythme. Flâner, marcher, déjeuner, lire, jouer d’un instrument, faire des Sudoku toute la journée,… laissez-vous porter par ce que vous indique votre corps, ses sensations, ses envies… même si c’est de ne rien faire de toute la journée ! Peut-être aurez-vous la surprise de ne pas avoir vu le temps passé ? D’avoir somnolé toute la journée ? De ressentir votre système nerveux ralentir, s’apaiser ?

Si vous craignez d’avoir le mental qui turbine et ressort une multitude de pensées de choses à faire, ayez un petit carnet avec vous afin d’y écrire tout ce qui vous vient pour le mettre de côté sans avoir peur de l’oublier. Ainsi, votre mental sera rassuré et pourra s’en détacher.

POUR ALLER PLUS LOIN

Lire le livre d’Anaïs Gauthier “La stratégie du repos”

Ecouter la chanson de Pink Martini “Je ne veux pas travailler”

Relire notre Noldletter “Saturés ou fatigués ?”

DECOUVRIR NOS DERNIERS ARTICLES

Cet article vous a plu ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *