Le Flow, ça vous parle ?

C’est bientôt la mi-juillet. Les enfants ont rendu leurs manuels, les résultats du bac sont tombés, les commerces prennent leurs congés annuels, les infos de 13h ne parlent que de baignade (si ce n’est pas de canicule), les collègues partent en mode décroissance mentale et nous aussi, on aspire à une plénitude, même si on en a encore plein les bottes (et surtout même parce qu’on en a plein les bottes !).

Ce qu’on ressent à ce moment précis de l’année, dans cette atmosphère qui change de densité, c’est une envie de flow. C’est-à-dire ? Eh bien, un petit ras le bol de la performance, des listes, des réunions où tout le monde regarde son téléphone en faisant semblant de prendre des notes. 

Le mot « flow » est partout depuis quelques années : sur les podcasts de développement personnel, dans les articles de coaching, dans la bouche des gens qui ont lu un livre sur la « psychologie positive ». C’est intéressant comme l’anglais est toujours la langue la plus évidente pour porter un concept et qu’en français nous n’ayons pas de mot pour décrire ce sentiment de fluidité et de bien-être…
En tout cas, on a creusé et le flow, en réalité, ce n’est pas un concept de coach en burnout, c’est une théorie scientifique sérieuse, vieille de cinquante ans, qui décrit exactement ce qu’on ressent quand on est bien.

Anne et Charlotte, bientôt dans le flow 😎.

LA PENSÉE DU JOUR

TEST & NOLD

L’histoire du mot : d’où ça vient vraiment ?

Mihály Csíkszentmihályi (on prononce à peu près « chi-zen-mi-a-li », on vous laisse tenter au prochain dîner) est un psychologue hongrois qui a émigré aux États-Unis en 1956, à 22 ans, sans parler anglais, avec 1,25 dollar en poche et un parcours universitaire incomplet. Il mettra neuf ans à décrocher son doctorat à Chicago. Pas le profil habituel de l’homme qui va révolutionner la psychologie du bonheur…

En 1975, en cherchant à comprendre les émotions ressenties lors de diverses activités, il théorise le concept en remarquant que des musiciens en pleine improvisation, des chirurgiens en salle d’opération, des alpinistes en paroi, des joueurs d’échecs, tous décrivaient la même chose : un moment où ils n’étaient plus conscients du temps, plus conscients d’eux-mêmes, juste… dedans.

Le flow, c’est un état d’absorption totale dans une activité qui n’a rien à voir avec une vague sensation de bien-être new age. C’est un état mesurable, reproductible, avec des conditions d’apparition précises.

La condition clé : ni trop facile, ni trop difficile.

Pour atteindre le flow, il faut un équilibre entre la difficulté de la tâche et les capacités de celui qui la fait.
Trop facile → ennui.
Trop difficile → anxiété.
Juste au bon niveau → flow.

C’est la zone où on est à la fois challengé et compétent. Où on se sent, pour le dire simplement et en français : au top 😜

La théorie du flow n’est pas réservée aux jeunes, aux sportifs de haut niveau ou aux gens qui méditent à 6h du matin. Elle s’applique à n’importe quelle activité : jardiner, cuisiner, lire, converser, bricoler, marcher. Et elle s’applique d’autant mieux quand on a de l’expérience. Parce que le flow naît de la compétence et que la compétence, ça s’accumule avec le temps.

JUST NOLD IT

Comment on met du flow dans son été ?


La bonne nouvelle, c’est que le flow ne s’achète pas et ne nécessite pas d’application. La moins bonne, c’est qu’il ne tombe pas du ciel non plus. Voici ce qu’on a compris sur les conditions qui le favorisent.

Choisir des activités où vous êtes compétent, mais pas trop à l’aise non plus

C’est le principe fondateur, le flow naît dans la zone d’équilibre entre maîtrise et défi. Un roman trop facile, on s’endort. Un roman trop difficile, on lâche. Le bon roman, on rate sa station de métro, c’est bon signe pour le flow 😉

Concrètement cet été : reprendre une activité ancienne avec un niveau supérieur (la cuisine, la photo, la nage, l’aquarelle) plutôt qu’en commencer une de zéro ou de rester dans sa zone de confort. Le flow aime les choses qu’on connaît presque parfaitement, le “presque” est important.

Couper les interruptions

Le flow ne peut pas coexister avec les notifications parce que chaque interruption casse le cycle de concentration et oblige le cerveau à tout reconstruire.

Cet été : définir des plages « flow », même courtes, une heure suffit, téléphone en mode avion, pas de demi-tâches en parallèle.

Laisser le corps entrer dans la danse

Le flow n’est pas réservé aux activités intellectuelles. La marche rythmée, la natation, le jardinage, la danse, le vélo en terrain varié, toutes ces activités peuvent produire des états de flow. Le corps trouve son rythme, l’esprit suit, le temps s’évapore.

C’est d’ailleurs souvent plus facile à déclencher physiquement qu’intellectuellement. L’été s’y prête particulièrement bien.

Le flow partagé

Csíkszentmihályi l’a documenté : le flow peut se vivre à deux ou en groupe. Une conversation vraiment profonde, un jeu de société qui embarque tout le monde, une rando où on est synchronisés dans l’effort. Ces moments où le temps disparaît ensemble, c’est du flow collectif. Et c’est probablement une des formes les plus précieuses.

Ne pas forcer

Le flow ne se commande pas. On crée les conditions, et ensuite… on lâche. Ce qui est, avouons-le, une compétence que certains d’entre nous doivent encore travailler. (On parle de nous, évidemment).

POUR ALLER PLUS LOIN

Ecouter Mihály Csíkszentmihályi parler du flow, le secret du bonheur

Ecouter Christophe André parler de l’état de Flow quand on lit un roman

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2 Comments.

  1. Hello l’équipe !

    Et bien je ne le savais même pas mais je suis souvent dans le flow 🙂

    Merci pour l’info 👍🏻

    J’aime beaucoup vous lire même si je ne commente pas.

    Bel été à vous !

  2. Merci pour cet article particulièrement d’actualité. On relâche, on relâche, ça évite d’avoir encore plus chaud !

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