Plus on avance dans l’exploration du sujet de la longévité, plus le muscle s’impose à nous.
Et pourtant, ce n’est pas très glamour. Il ne bénéficie ni du prestige du cerveau, ni de l’aura du cœur, ni même de la popularité récente du microbiote. Pourtant, s’il fallait miser sur un organe pour nous accompagner longtemps, c’est un sérieux candidat.
Parce que vieillir en bonne santé n’est pas seulement une affaire d’années supplémentaires, c’est pouvoir continuer à bouger : monter un escalier sans y penser, porter une valise sans se coincer le dos, se baisser et se relever sans difficulté, courir pour attraper un train au dernier moment… C’est garder sa liberté de mouvement et, avec elle, une bonne part de son indépendance.
Longtemps considéré comme un simple moteur, le muscle se révèle aujourd’hui beaucoup plus sophistiqué. Il protège les os, régule le métabolisme, dialogue avec le cerveau, soutient l’immunité. En d’autres termes, il travaille même quand nous n’y pensons pas.
Et il n’est jamais trop tard pour en faire notre meilleur allié. Les muscles répondent remarquablement bien à l’entraînement, y compris après 50, 60 ou 70 ans. Ils ne demandent pas des exploits. Juste qu’on arrête de les considérer comme acquis… ou comme perdus.
Ils méritaient donc bien qu’on leur consacre une Noldletter. Parce qu’au fond, entre la vie que l’on rêve de mener et celle que l’on peut réellement mener, il y a souvent… quelques muscles qui font le lien.
Anne et Charlotte, qui font quelques squats entre 2 Noldletters.
TEST & NOLD
Le muscle, cet organe de la longévité qu’on oublie trop souvent Nos muscles ne se contentent pas de nous aider à porter les courses et à ouvrir les bocaux récalcitrants. Ils constituent une véritable réserve pour l’avenir.
Et la preuve tient dans une main. La force de préhension, c’est-à-dire la force avec laquelle on serre un objet, s’est imposée ces dernières années comme l’un des marqueurs les plus robustes de l’état de santé général.
Une grande étude de référence (étude dite PURE) a suivi près de 140 000 personnes dans dix-sept pays. Chaque perte de 5 kg de force de préhension s’y accompagne d’une hausse de 16 % du risque de mortalité toutes causes confondues, et de 17 % pour la mortalité cardiovasculaire. La poigne prédisait ces risques mieux que la pression artérielle systolique !
Ce qui donne à la poignée de main une importance inattendue ! Inutile, toutefois, de broyer les phalanges de votre voisin de table pour renforcer votre espérance de vie.
Pourquoi la main ? Parce qu’elle ne parle pas que d’elle. Elle renseigne sur la force musculaire globale, sur la qualité du dialogue entre le cerveau et les muscles, sur l’état nutritionnel, sur la capacité à encaisser les rigueurs de la vie comme une grippe, une opération, un hiver difficile.
Une bonne force musculaire, c’est l’équilibre conservé, les chutes évitées, les os protégés. C’est surtout s’assurer de garder de l’autonomie.
Et puis il y a ce qu’on ignorait encore il y a vingt ans. Le muscle n’est pas une simple pièce mécanique. Quand il se contracte, il sécrète des molécules – les myokines – qui vont parler au cerveau, au foie, aux os, au tissu adipeux, au système immunitaire. Il participe à la régulation de la glycémie, du métabolisme, de l’inflammation. En résumé, le muscle ne nous aide pas seulement à bouger : il coordonne, protège et soutient une grande partie de ce qui nous permet de rester en bonne santé en avançant en âge.
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JUST NOLD IT
Comment entretenir son capital musculaire
Il n’est jamais trop tard pour commencer, et il n’est pas nécessaire de transformer son salon en salle de culturisme.
Faire travailler les grands muscles. Se lever d’une chaise sans s’aider des mains. Monter les escaliers. Tirer sur un élastique, pousser contre un mur, remonter les courses à pied. Les jambes, le dos, les bras et les épaules y trouvent déjà leur compte.
Prévoir idéalement deux séances par semaine de renforcement musculaire (on dit deux pour véritablement installer la pratique mais si c’est une c’est bien aussi ;-)).
On peut commencer par quinze à vingt minutes, avec des exercices simples, puis augmenter progressivement. Le meilleur programme n’est pas le plus impressionnant : c’est celui que l’on continue à faire une fois l’enthousiasme du premier lundi retombé.
Ne pas oublier les mains. Une bouteille dans chaque main, une balle souple à malaxer, du jardinage, du bricolage, une barre à laquelle se suspendre si l’état des épaules le permet. Tout ce qui se saisit, se serre ou se porte entretient la préhension. Mais la main n’est qu’un témoin : elle indique le capital santé, elle ne le constitue pas.
Chercher le progrès, pas la douleur. Les dernières répétitions doivent coûter, sans faire mal. Après une longue interruption, en cas de maladie chronique, ou simplement devant un mouvement qui vous paraît incertain, un médecin ou un professionnel de l’activité physique adaptée vous fera gagner du temps.
Continuons à marcher, bien sûr, mais ajoutons de la résistance, un peu de charge, deux ou trois efforts qui font grimacer. Nos muscles ne demandent qu’à travailler.


