Le temps passe-t-il de plus en plus vite ?

Qui n’a jamais trouvé le temps long étant enfant ? Les heures interminables passées en cours ou dans sa chambre, les longs mois à patienter pour fêter son prochain anniversaire et ouvrir les cadeaux, ou encore les années à rallonge qui nous séparent de la majorité tant attendue.

À l’inverse, dès la vingtaine, le temps semble inexorablement s’accélérer à mesure que les années passent. Nous avons cette sensation que tout va trop vite, qu’on n’arrive pas à faire tout ce qu’on voudrait faire, maintenant et demain, que les enfants grandissent si vite…

Est-ce une question de perception ou bien une vérité scientifique ?

D’après les experts, il y a quelques explications dont le fait que nous apprenons de moins en moins de nouvelles choses : ce faisant, nous remplissons moins nos vies d’expériences sensationnelles et le temps passe ainsi plus vite. Nous apprenons aussi qu’il y a des moyens de ralentir, non pas le temps lui-même, mais la perception du temps qui passe trop vite, en optimisant nos chances de rencontrer de la nouveauté. Et ça tombe bien puisque curiosité, découverte et soif d’apprendre de nouvelles choses sont dans notre ADN de Nolds.

Anne et Charlotte, qui veulent apprivoiser le temps.

LA PENSÉE DU JOUR

TEST & NOLD

Pour accepter un peu plus ce temps qui passe à mille à l’heure, cela vaut le coup d’en comprendre les raisons.

Cela commence avec une histoire de proportion de la vie. Une année représente une fraction de plus en plus petite de notre vie à mesure que nous vieillissons : pour un enfant de 5 ans, une année représente 20% de sa vie, dont une quantité impressionnante de découvertes et de nouvelles expériences. Tout ce qui s’y passe semble bien long au regard de ce qu’il a déjà vécu ! Cette même année ne représente que 2% de la vie d’une personne de 50 ans.

En vieillissant, nos vies deviennent souvent plus routinières. Les nouvelles expériences, qui marquent le temps, deviennent moins fréquentes, ce qui peut donner l’impression que le temps s’accélère.

Avec l’âge, notre cerveau encode moins de nouvelles informations, ce qui rend les périodes de temps moins mémorables, elles peuvent donc sembler plus courtes. C’est la question de l’attention et de la mémoire que nous traitons en détail dans notre programme de coaching Nold Mémoire /Cerveau.

En vieillissant, nous devenons aussi forcément plus conscients de la finitude de notre vie, ce qui vient accentuer la sensation que le temps passe rapidement.

Mais nous les Nolds n’allons pas nous laisser abattre et trouver des solutions pour reprendre un peu de prise sur ce fichu temps 😉.

Voici quelques stratégies qui peuvent aider à modifier notre perception du temps :

1. Pratiquer la pleine conscience et la méditation pour nous ancrer dans le moment présentHarvard Health Publishing, la maison d’édition de la Harvard Medical School, résume la règle ainsi : le meilleur mode de cuisson chauffe vite, peu longtemps, avec le moins de liquide possible. Le micro-ondes avec une cuillère d’eau et la vapeur douce mènent donc le même combat. La méchante de l’histoire, c’est la casserole qui bout vingt minutes…

2. Sortir au maximum de la routine et essayer de nouvelles activités pour vivre des choses plus mémorables. Apprendre de nouvelles compétences rend aussi le temps plus long. Les Nolds qui ont suivi notre programme de coaching Nold Mémoire / Cerveau savent que cela renforce la bonne santé de notre cerveau. C’est donc  »tout bénéf » 😁

3. Réduire le multitâche pour mieux apprécier le temps passé sur chaque activité

4. Faire des pauses régulières redonne de la longueur au temps, surtout si l’on arrive à déconnecter son cerveau bouillonnant des sujets du quotidien

5. Écrire régulièrement dans un journal pour mieux se souvenir des événements et regarder dans le rétroviseur aide à réaliser tout ce qui a été fait en si peu de temps !

6. Passer du temps dans la nature, loin de la frénésie technologique ralentit notre perception du temps. Toute opportunité de faire un tour un peu contemplatif dans un parc, une forêt, un champ, au bord de la mer est bonne à prendre.

Le témoignage d'Anne

qui court après le temps, habituellement…

Lorsque j’ai entendu la théorie d’Hartmut Rosa, comme quoi le temps passerait plus vite quand on vieillit parce qu’on découvre moins de choses, j’ai eu du mal à comprendre. La logique voudrait au contraire que moins on fait de choses, plus on s’ennuie et plus on trouve le temps long. Jusqu’à ce que je vive l’expérience d’aller retrouver ma fille qui effectue un stage hospitalier en Guyane.

La Guyane n’est pas un lieu touristique, les gens vont là-bas soit pour y travailler, soit pour rendre visite à quelqu’un. Ce séjour là-bas a été pour moi une suite de premières fois :

– première fois que j’allais dans un endroit où les gens qui n’ont rien  »à vendre » mais plein de désirs de se raconter et de raconter  »leur pays »,
– première fois que je dormais dans un hamac (après avoir dit que je n’aimais pas le camping quand j’étais petite, alors en tant que nold, encore moins…),
– première fois que je découvrais les carbets communaux (sorte de hangar à claire-voie où on accroche ledit hamac au milieu d’autres),
– première fois que je remontais un fleuve en pirogue pendant six jours,
– première fois que je me lavais dans ce fleuve (le bien nommé Maroni bien que ça n’ait pas de rapport avec sa couleur marron),
– première fois que j’arpentais la jungle de jour comme de nuit en ne m’offusquant pas des araignées que je croisais,
– première fois que je prenais un avion minuscule et que la joie de voir la canopée a surpassé la peur.
Et la liste pourrait continuer longtemps…

Quand je me rendais dans un lieu, je ne savais jamais quand j’en partirais (quand je trouverais une pirogue, un taxi…) et encore moins quand j’arriverais à l’étape suivante, je n’avais souvent pas d’ondes et ai donc réduit drastiquement mon temps d’écran… Généralement le temps file entre mes doigts et bien que je fasse énormément de choses dans une journée, j’ai toujours l’impression de courir après lui. Et là, tout à coup, en devant accepter de ne plus rien maîtriser, il m’a bien fallu lâcher prise et… vivre le temps qui passe.

Ces quinze jours en Guyane m’ont paru durer plus d’un mois : j’ai tellement fait de découvertes que je n’ai cessé de m’émerveiller et de m’intéresser. Et voilà que j’ai expérimenté réellement la théorie d’Hartmut Rosa : plus on sort de sa routine et que l’on découvre des choses, plus on vit un temps riche et long.

POUR ALLER PLUS LOIN

Relire notre Noldletter sur l’instant présent

Réécouter  »J’ai 10 ans » d’Alain Souchon

Travailler attention et mémoire en suivant notre coaching Mémoire / Cerveau

Comprendre les mécaniques de notre cerveau du point de vue scientifique

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