Y-a-t-il un âge pour le camping ?

Le mot “camping” déclenche deux réactions assez contrastées…

Soit une bouffée de nostalgie irrépressible (ah… la canadienne et les matelas pneumatiques avec leurs odeurs si particulières…), soit un léger haut-le-cœur “mais jamais de la vie, je dors dans un lit point barre”.

On est plutôt dans le camp numéro deux, vous connaissez l’importance du sommeil pour nous 😉 Mais justement… des chercheurs de l’Université du Colorado (étude publiée dans Current Biology, 2019) ont mesuré l’impact du camping sur notre horloge biologique. Résultat : deux nuits sous une tente suffisent à resynchroniser notre rythme circadien avec la lumière naturelle. De quoi presque nous convaincre…

Et puis c’est sans compter sur les bénéfices du temps passé dans la nature qui, on le sait, réduit significativement le cortisol (l’hormone du stress).

Alors c’est sûr qu’à 50 ans passés, on n’a pas à faire semblant d’adorer dormir sur des racines d’arbre. Mais il y a un spectre assez large entre la vieille tente plantée sur un sol qui ressemble plus à un pierrier qu’à un tapis de mousse et le glamping avec baignoire sur pied en Dordogne. Il se trouve qu’il y a de plus en plus de choix et que cela peut nous permettre de faire le nôtre : le choix de ralentir, de couper les écrans, de partir un peu à l’aventure.

Anne et Charlotte, pas fans de sardines mais qui pourraient se laisser tenter par une cabane dans les arbres…

LA PENSÉE DU JOUR

JUST NOLD IT

PETITE HISTOIRE DE CAMPING

Tout commence avec un tailleur anglais et un vélo.

L’inventeur du camping, c’est Thomas Hiram Holding, un tailleur londonien dont le goût pour la nature remonte à ses 9 ans, quand sa famille traverse 1 200 kilomètres de prairies nord-américaines en convoi de chariots. Des décennies plus tard, il organise des tours à vélo en Irlande avec tente dans les sacoches et remarque qu’il n’est pas le seul à trouver ça bien. En 1901, il fonde l’Association of Cycle Campers, le premier club de camping organisé au monde. Robert Falcon Scott, le grand explorateur polaire, en sera même président.

C’est avec les 30 Glorieuses que le camping devient populaire

1936 : le Front populaire invente les congés payés et tout le monde a le droit à ses vacances. Le problème, c’est que très peu de gens ont les moyens de l’hôtel. Alors on sort la tente, on charge la 2CV à ras bord et on descend vers le Sud.

Le camping municipal à 3 francs 50 la nuit devient le lieu de vacances des classes moyennes et ouvrières et une sociologie entière s’invente là, dans la promiscuité bienveillante d’un terrain au bord de la Dordogne ou à deux kilomètres de la plage, les voisins de tente qu’on retrouve chaque été pendant dix ans, les apéros entre inconnus qui deviennent des amitiés et les enfants qui courent pieds nus en semi-liberté. 

Un effet collatéral dont on ne parle pas assez : le camping a sauvé les littoraux.

Les terrains de camping ont occupé et continuent d’occuper des milliers d’hectares en bord de mer, en forêt, en montagne. Des terres qui, faute de camping, auraient très probablement été construites et bétonnées. D’ailleurs certains géographes parlent du camping comme d’un « garde-fou écologique involontaire ». 

Aujourd’hui, le camping est devenu un marché, et ce n’est pas une mauvaise nouvelle.

Avec 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, la France est le premier pays campeur d’Europe, avec plus de 110 millions de nuitées en plein air par an. Et la tendance est clairement au haut de gamme : lodges, cabanes, roulottes, tentes équipées avec chauffage et linge de maison. 40 % des nouveaux hébergements ouverts ces cinq dernières années appartiennent à cette catégorie.

JUST NOLD IT

CONCRÈTEMENT, COMMENT ON FAIT POUR DÉCONNECTER ET PASSER EN MODE NATURE SANS RENONCER AU CONFORT ?

🌿 Le bivouac léger, pour les audacieux
Légal en France si
– au-dessus de 1 000 m,
– à plus d’une heure de toute habitation,
– départ avant 9h du matin.

Zéro infrastructure, zéro bruit, zéro réseau : c’est pas du luxe ça ?

Le truc qui change tout :
Vous vous souvenez du tapis de sol en mousse bleue de votre enfance, celui qui sentait le plastique chaud et garantissait un réveil avec la marque du sol imprimée sur la joue ? Il n’existe plus. Enfin, si, il existe encore, mais il a de la concurrence sérieuse… Les modèles gonflables ultralégers ont profondément changé la donne ces dernières années. Plus compacts, mieux isolés et étonnamment confortables, ils séduisent de plus en plus de marcheurs et adeptes du bivouac minimaliste.

🚐 Le van ou le camping-car, la liberté sans sacrifices
C’est l’option qui a explosé depuis 2020, les sites de location se sont développés comme des petits pains et cela vous permet de choisir votre confort et votre aménagement : avec cuisine intégrée, lit fixe, douche, etc.

🏕️ Le camping « nouvelle génération », ni tente ni hôtel
Les campings ont bien changé. Les 4 et 5 étoiles proposent des cottages en bois, des spas, des restaurants, des programmes bien-être. Yelloh! Village, Homair, Huttopia, autant de marques qui ont compris qu’après 45 ans on aime la nature ET les draps propres. Confort hôtelier, air pur, enfants (ou petits-enfants) ravis.

POUR ALLER PLUS LOIN

Pour partir avec les petits-enfants, surfer sur Toocamp, l’équivalent de Booking pour les campings

Pour partir à 2, en version tout confort, se faire envie sur Unicstay

Pour partir en bivouac solo, lire les 3 conseils pour bien dormir

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