Avez-vous su garder votre âme d’enfant ?

Le sujet n’est pas de retomber en enfance car, tout Nolds que nous sommes, nous assumons notre âge, mais de contacter cette part en nous, simple et joyeuse que les psychologues nomment “l’enfant intérieur” : cet élan vital et spontané, cette créativité !

Derrière le concept, il y a quelque chose de très concret : dessiner sans filtre, s’isoler dans un arbre quand il y a trop de monde, bricoler des objets inutiles avec application, avoir besoin d’un câlin et le dire… ce sont souvent des comportements qu’on a abandonnés alors qu’ils nous feraient tellement de bien.

Quand on regarde un enfant dessiner un bonhomme avec six doigts et une tête ronde comme une patate, on dit : « c’est beau ! » mais en pensant souvent intérieurement « ouf, il progressera ».

Mais cet enfant ne cherche pas à faire beau, il ne se demande même pas si c’est beau. Il éprouve le plaisir du geste, sans se préoccuper du devenir de son œuvre. Et nombre de peintres ont passé toute leur carrière à tenter de retrouver ce jeu avec le support, le crayon, l’espace et le geste. 

Alors, si on s’autorisait à retrouver sa spontanéité, à récupérer ce qu’on a oublié ou ce qu’on n’ose plus : la capacité à faire des choses sans finalité, juste pour le plaisir de faire, entendre plus finement ses émotions et les respecter…

Anne et Charlotte, qui éprouvent un malin plaisir à colorier hors des cases.

LA PENSÉE DU JOUR

TEST & NOLD

Renouer avec 6 comportements d’enfant qui font du bien

1. S’ennuyer vraiment, sans combler immédiatement le vide

Les enfants s’ennuient et c’est précisément là que naissent leurs meilleures idées. Ce n’est pas un hasard : lorsque nous « ne faisons rien », le cerveau organise, digère, relie et i-ma-gine ! S’ennuyer, c’est devenir créatif !  (relire notre Noldletter sur les joies de l’ennui par ici).

Comment l’appliquer : prendre le train sans ouvrir son téléphone, attendre son café sans regarder l’écran, juste regarder par la fenêtre, comme on faisait en CM2.

2. Jouer, sans que ça serve à quelque chose

Le Dr Stuart Brown, fondateur du National Institute for Play, définit le jeu comme « volontaire, naturellement motivé et source de plaisir » et précise que « l’opposé du jeu n’est pas le travail, c’est la dépression. » Ses décennies de recherche montrent que les adultes qui jouent ressentent moins de stress, plus d’optimisme et un meilleur bien-être général. Les enfants, eux, n’ont pas besoin qu’on le leur prouve 😉

Comment l’appliquer : faire quelque chose avec ses mains sans objectif : bricoler, jardiner, construire n’importe quoi. Stuart Brown suggère l' »object play » : utiliser ses mains pour créer quelque chose qu’on aime, sans but précis.

3. Bouger son corps pour le plaisir, pas pour brûler des calories

Un enfant court parce que courir est jouissif, il ne compte pas ses pas. Bouger pour le plaisir, c’est participer à une forme de mouvement actif sans pression de temps ni résultat attendu. Si on fait du sport uniquement pour brûler des graisses, ça ne compte pas comme du jeu (par contre la réciproque fonctionne : si on fait du sport uniquement pour jouer, ça brûle des graisses ;-)).

Comment l’appliquer : danser seul dans sa cuisine. Nager sans chronomètre et faire des ploufs plutôt que des longueurs. Marcher sans application de tracking. Bouger parce que le corps en a envie, pas parce que la montre connectée l’a demandé.

4. S’isoler quand on en a besoin, sans s’en excuser

Grimper aux arbres, s’isoler dans la nature, améliore le bien-être mental et réduit le stress. Mais au-delà de la nature, c’est le geste lui-même qui est précieux : reconnaître qu’on a atteint sa limite sociale et agir en conséquence, sans culpabilité.

Comment l’appliquer : identifier son « arbre personnel », l’endroit ou l’activité où on se ressource vraiment. Et s’autoriser à y trouver refuge.

5. Vivre dans sa tête et cultiver une vie intérieure trépidante

Ce que les adultes ont tendance à perdre, c’est précisément cette capacité à rendre leur vie intérieure passionnante sans écran, sans contenu extérieur. Jouer à faire semblant suppose d’inventer une histoire de toutes pièces, de générer une multiplicité d’idées différentes, d’utiliser des souvenirs corrélés à des émotions et de résoudre des problèmes de façon inédite. C’est de la haute voltige mentale que les enfants pratiquent naturellement.

Comment l’appliquer : reprendre la lecture de romans (pas des livres de développement personnel, des romans). Rêvasser délibérément. Se raconter des histoires. Laisser l’imaginaire redevenir un terrain de jeu.

6. Demander un câlin et recevoir ce dont on a besoin

Les enfants le font sans y penser. Les adultes, eux, attendent qu’on devine. Le toucher relève d’un besoin primaire encodé dans notre génétique, le simple fait de se tenir la main suffit pour stimuler la sécrétion d’ocytocine. Les câlins stimulent également la production d’endorphines et de dopamine, renforçant les sentiments de satisfaction et de bien-être. Le vrai sujet n’est pas biochimique, c’est la permission qu’on se donne (ou pas) de dire « j’ai besoin de réconfort. » 

Comment l’appliquer : juste oser le dire.

LE TÉMOIGNAGE D'ELODIE

Alors, vous allez voir, le fils aîné d’Elodie, c’est le point 4 en action : s’isoler quand on en a besoin, sans s’en excuser, sans attendre la permission. Son cadet, c’est le point 5 incarné : une vie intérieure si riche qu’elle n’a besoin de rien d’autre !

« Mon fils aîné, lorsqu’on est en soirée avec du monde et qu’il y a trop de monde, prend un livre, trouve un arbre, grimpe dedans et s’isole, juste parce qu’il en a besoin. Au départ, je lui disais que c’était dommage de s’isoler, il avait plein de copains avec qui jouer… puis en en discutant avec les adultes autour de moi, une amie me dit qu’il lui fait penser au baron perché et ça lui va assez bien : ce besoin irrépressible de s’isoler quand le trop plein des conventions sociales se fait sentir, un petit moment de calme, une petite bulle dans laquelle il se sent lui-même qu’il s’octroie car il en ressent le besoin, sans s’excuser, sans expliquer. Je me dis que c’est une belle leçon de liberté qu’on perd à l’âge adulte.
 

Mon autre fils, lui, se déguise tout le temps, un ruban, une corde et un bâton, ce qu’il trouve à droite à gauche et ZOUUUUU ! Il file dans le jardin pour vivre des aventures imaginaires qui ont l’air assez folles. De loin, on dirait presque qu’il fait du Taï Chi avec des gestes très mesurés, il parle, rigole, chante, fait une roulade (j’imagine pour éviter une boule de feu ou un coup de “air épée”). Il rend sa vie intérieure tellement trépidante, sans écran, sans contenu extérieur, juste avec ce qu’il a dans la tête. J’adorerai qu’il me raconte ce qu’il vit mais dès qu’il m’aperçoit, il s’arrête… c’est son moment entre lui et son monde !
 

Deux enfants, deux façons différentes de s’écouter. Et moi, entre les deux, je réalise que j’ai oublié comment faire l’un comme l’autre, alors je prends des notes 😉 »

POUR ALLER PLUS LOIN

Ecouter la conférence TED de Stuart Brown, où il nous dit que jouer c’est plus que s’amuser, c’est vital

Chanter d’un ton espiègle Les Bêtises

Regarder la chronique de France Inter sur notre âme d’enfant

Regarder le sketch À quel âge on perd son âme d’enfant ?

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3 Comments.

  1. Merci vous deux, votre newsletter est formidable. Celle-ci aussi… et vous savez quoi ? Elle me fait sentir jalouse…
    Car j’entends dans « avez-vous su garder votre âme d’enfant » tous les bénéfices d’y être parvenu.
    Hélas, je fais partie des gens « qui aimeraient bien mais qui n’peuvent point », la sériosité me colle à la peau.
    (Heureusemenr j’ai une (grande) qui a 6 ans lorsqu’il s’agit de loisirs)
    J’en souffre de ne pas m’autoriser l’inutile, la légèreté.
    Une copine m’a dit : « si tu étais un plat, tu serais un welsh » ! Et bim !
    Au fait, c’est quoi La légèreté ?
    Je précise que je suis en thérapie depuis…. mes 25 ans (j’en ai 58), j’avance, ouf !
    Mais ce monde de légèreté et de plaisir m’est un peu étranger.
    Belle journée

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