Faut-il savoir renoncer à certains de nos rêves ?

Il y a les rêves qu’on réalise, ceux qu’on repousse, et puis ceux dont on finit par se dire qu’ils resteront probablement… des rêves.

Devenir pianiste de concert alors qu’on peine toujours sur Au clair de la lune. Partir vivre six mois à New York quand on n’a jamais réussi à caser plus de trois semaines de vacances dans sa vie bien remplie. Écrire ce roman qu’on se promet de commencer depuis vingt ans. Tout plaquer pour un métier qui a plus de sens. Les envies sont toujours là, mais elles passent derrière tout ce qui est venu remplir notre quotidien. 

À 20 ans, on peut encore se raconter qu’on fera tout ça « un jour », qu’on aura le temps « plus tard »… Avec quelques décennies de plus au compteur, les possibilités sont toujours nombreuses – évidemment ! – mais on sait aussi que toutes les vies qu’on avait imaginées ne tiendront pas dans une seule.

Alors, en attendant nos prochaines réincarnations, faut-il s’acharner à réaliser nos rêves coûte que coûte… ou apprendre à en laisser certains derrière soi sans avoir l’impression d’avoir raté quelque chose ?

Anne et Charlotte, éternelles rêveuses et fières de l’être.

LA PENSÉE DU JOUR

TEST & NOLD

Vous en êtes où, votre vieux rêve et vous ?

Vous en parlez encore régulièrement

Cette maison en Bretagne / ce tour du monde en mode sac à dos / cette ouverture de restaurant / ce CAP d’ébéniste, tout votre entourage connaît le dossier. Mais, même si vous en parlez depuis la nuit des temps, vous n’avez jamais vraiment fait le premier pas. Alors, rêve que vous aimeriez vraiment réaliser ou scénario que vous vous plaisez à imaginer ? Parce que fantasmer une autre vie peut aussi être une façon de s’évader, d’essayer mentalement d’autres possibles… sans forcément passer à l’acte. On rêve de tout plaquer pour ouvrir une maison d’hôtes dans le Lubéron, puis on pense aux petits-déjeuners à préparer tous les matins et aux tonnes de draps à laver chaque semaine et, finalement, on considère son lundi matin d’un œil neuf en se disant qu’il n’est pas si mal. Certains rêves sont peut-être très bien là où ils sont : dans nos têtes. 

Vous y pensez avec un petit pincement

« Si seulement j’avais… » Avec le temps, toutes les choses que nous n’avons pas tentées prennent de plus en plus de place au royaume des regrets. Les psychologues Thomas Gilovich et Victoria Medvec ont d’ailleurs montré que si, à court terme, nous regrettons davantage certaines de nos actions, à long terme, ce sont plutôt celles que nous n’avons pas faites qui nous laissent le plus de regrets. Est-ce une raison suffisante pour réserver un aller simple pour Ushuaïa, départ demain matin ? Peut-être pas. Mais sans doute une bonne raison de se demander ce que ce regret raconte de nos envies et comment le transformer en un autre projet… réalisable.

Il vous faisait rêver… avant 

À 27 ans, vous rêviez d’une grande maison avec jardin. Aujourd’hui, vous vous demandez surtout pourquoi vous teniez tellement à passer tous vos week-ends avec un sécateur en main. Incroyable mais vrai : on a le droit de changer… et heureusement, a-t-on envie de vous dire ! Abandonner un rêve qui ne nous ressemble plus n’est pas un échec. C’est la preuve que l’on a appris à mieux se connaître, à écouter ce dont on a vraiment envie et à laisser nos désirs évoluer avec nous. Bref, plutôt que de rester fidèle coûte que coûte à nos rêves de jeunesse, on a choisi d’être fidèle à la personne qu’on est devenue. 

Vous n’avez pas renoncé

Mais peut-être faut-il regarder ce qui est encore possible, quitte à modifier un peu le scénario. Vous ne deviendrez sans doute pas danseur étoile, mais rien ne vous empêche de commencer la danse. Vous ne vivrez peut-être jamais dix ans à Rome, mais trois mois en négociant un congé sabbatique ou du télétravail prolongé, pourquoi pas ? Et la reconversion radicale fantasmée depuis des années peut déboucher sur une évolution professionnelle tout à fait réaliste.

Bref : un rêve ne se réalise pas toujours comme prévu. Mais il peut encore ouvrir pas mal de portes.

JUST NOLD IT

Faites passer vos rêves au contrôle technique

On ne vous propose pas de rédiger une liste de mes envies de 72 expériences à accomplir avant d’être vraiment vieux. Rien que l’expression nous fatigue. En revanche, prenez trois rêves que vous avez longtemps eus et faites-leur passer ce petit test.

1. Est-ce que j’en ai encore vraiment envie ?

Ne vous demandez pas « est-ce que ce serait formidable ? ». Mais : est-ce que moi, aujourd’hui, j’ai envie d’y consacrer du temps, de l’énergie ou de l’argent ? La réponse est non ? Vous venez de vous débarrasser d’un vieux rêve devenu encombrant. Et ça libère de la place pour de nouvelles envies.

2. Est-ce vraiment impossible ?

Attention au fameux « à mon âge… ». Certains projets ont certes une fenêtre qui s’est refermée, comme devenir médaille d’or olympique de judo à 45 ans. Mais d’autres peuvent évoluer. Changer de métier après 50 ans, par exemple, n’a rien d’impossible. Nous nous sommes d’ailleurs déjà penché sur les possibilités de mobilité, de reconversion ou de nouvelles formes d’activité dans la deuxième partie de carrière (article à retrouver par ici https://noldneverold.com/le-blog/changer-de-job/).

3. Qu’est-ce que ce rêve dit de moi ?

Un rêve en cache parfois un autre. Cette maison en Bretagne, c’était peut-être une envie de ralentir. Le tour du monde, un besoin de liberté. Le restaurant, le plaisir de recevoir et de cuisiner pour les autres. Même si le projet d’origine ne se réalise pas, l’envie qui l’a fait naître, elle, peut trouver d’autres chemins. Voilà un ressort à explorer : plutôt que de s’acharner à poursuivre ce rêve tel qu’on l’avait imaginé, on cherche ce qu’il raconte de nous, de nos désirs, et comment lui faire une place différente dans notre vie.

POUR ALLER PLUS LOIN

Lire Le Pouvoir des regrets de Daniel H. Pink pour orienter nos choix futurs.

Écouter « Nos rêves sont-ils toujours mieux que la réalité ? », du podcast Émotions

Écouter « La moi d’avant en rêvait », du podcast L’autre miroir, qui invite à regarder nos rêves réalisés qu’on ne voit même plus.

Écouter le débat » Renoncer pour être heureux », sur France Culture, pour découvrir pourquoi renoncer à certains désirs peut aussi être une façon de mieux choisir sa vie.

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5 Comments.

  1. Je continue à rêver à 74 ans un nouvel endroit où vivre une nouvelle histoire d’amour et en ce moment avec l’hiver mes rêves se fracassent mais je continue d’y croire sauf que ma fille s’inquiète de mes envies donc je patiente

  2. Merci d’avoir donné un espace à mes rêves d’enfant : je voulais devenir pédopsychiatre je suis conseillère en insertion… c’est pas tout à fait ça mais ce n’est pas si loin!
    Je voulais devenir styliste haute couture, il y a un an ma famille m’a offert une machine à coudre: mes vieux croquis prennent vie mais dans ma garde-robe c’est pas pas mal
    Bon je voulais aller au Népal et faire du cheval en Mongolie : je vais dans quelques temples bouddhiste près de chez moi et pour le cheval … peut être un jour une semaine de bivouac dans les Pyrénées
    À suivre…..

  3. J’atteste que l’on peut réaliser son rêve professionnel à 55 ans … ce fut mon cas, après une carrière de chef de projet informatique dans le monde bancaire, je me suis installée pendant plus de 10 ans, après quelques années de formation suivies parrallèlement à mes dernières années de salariat, comme coach et j’ai accompagné beaucoup de salariés dans une reconversion professionnelle tardive. Il est vrai que pour ce changement radical c’est mon corps qui a dit STOP en déclanchant une forte poussée d’hypertension, ce qui a été le déclic pour me dire, qu’il était temps de faire ce à quoi j’aspirais au plus profond de moi.

  4. Bonjour
    Je suis une vraie Nold (75 ans …)
    J’avais deux rêves de jeunesse
    Avoir une maison au bord de l’océan en Bretagne j’ai fait encore mieux , j’y vis depuis presque 10 ans !
    Apprendre l’italien , j’en rêvais depuis mon adolescence, je m’y suis mise il y a 4 ans , tous les jours et , ça y est niveau B2 confirmé!
    Je suis contente et un peu fière 😉

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