Comment se fait-il que nous ayons de moins en moins de temps alors que toutes les technologies, du lave-vaisselle aux billets électroniques en passant par les tâches effectuées dorénavant par l’IA, devraient nous en faire gagner ?
En parallèle, certaines applications digitales s’ingénient à nous en faire perdre, car être happé indéfiniment sur les réseaux sociaux ou dans des boucles de messages, c’est rarement passer du temps de qualité !
Cette constatation s’applique à tous mais on peut noter, pour ceux qui travaillent encore, que le temps s’est encore plus accéléré depuis le COVID, enchaînant réunions après réunions, et allant de sollicitations en sollicitations. C’est le fameux adage, plus on en fait, plus on en fait. Mais sommes-nous plus productifs pour autant ? Et surtout, sommes-nous plus satisfaits pour autant ?
Car elle est bien là, la question. Quand tout nous semble urgent à régler, faisons-nous encore la part des choses entre ce qui est urgent et ce qui est important ? Et si la tête arrive à suivre ce rythme effréné, qu’en dit notre corps ?
Bref, il est urgent, et important 😉, de se poser et de démêler ce qui nous apporte et ce qui nous use.
Anne et Charlotte, les cordonnières les plus mal chaussées
TEST AND NOLD
Le rythme ultradien ou l’art de travailler en concert avec le rythme naturel de son corps.
Dans les années 50, le chercheur Nathaniel Kleitman, spécialiste du sommeil, découvre que le corps humain traverse des cycles de 90 à 120 minutes. On le savait déjà pour nos nuits (endormissement, sommeil léger, sommeil profond), mais voilà qu’on découvre que ça s’applique aussi à nos jours.
Toute la journée, nous avons des pics de vivacité et des ralentissements, et plus vous essayez de combattre ces derniers, plus vous forcez votre nature et vous vous épuisez, voire devenez même contre-productifs !
Le chercheur Anders Ericsson a étudié des personnes hautement performantes (athlètes, musiciens, joueurs d’échecs, écrivains) et a observé que les sprints de travail suivis par des périodes de récupération sont essentiels pour être à son maximum d’efficacité et de présence.
La théorie du rythme ultradien est donc de faire suivre des périodes d’activité intense par des périodes de repos où le cerveau est déconnecté du travail pour récupérer. En d’autres mots, ce serait comme suivre un peu plus le rythme de son corps, plutôt que de lui imposer celui de sa tête et des obligations qui l’encombrent !
Voici une liste d’idées pour faire des pauses toutes les 90 minutes :
Ouvrir la fenêtre ou la porte et prendre une grande respiration, se lever et marcher 5 minutes, boire un verre d’eau, parler avec un collègue, un voisin, fermer les yeux en les couvrant avec ses mains, faire quelques étirements debout et/ ou sur chaise, observer les feuilles d’un arbre ou un bout de nature (ça marche aussi avec le géranium du balcon).
Et en ce qui concerne la grande récupération de la nuit, il est important de faire de votre chambre un endroit sanctuarisé pour se reposer ou dormir : pas de technologie, ni de téléphone (exit les vérifications de dernière minute, il reste hors de la chambre), ni de télévision, de l’obscurité (rideaux, volets) et une température pas trop élevée.
Et pour le réveil, ça se passe en douceur, sans connexion-réflexe immédiate. Créez une nouvelle routine du matin, réveil, étirements, ouverture de fenêtre pour regarder le ciel…
En résumé, retrouvons du temps, de l’attention, de la présence !
JUST NOLD IT
Pour reprendre un peu la main sur le temps, 2 étapes sont primordiales :
1/ Identifier ce qui est vraiment important pour nous au quotidien.
Commencez par lister les 5 ou 6 choses qui vous prennent du temps dans votre quotidien au travail ou activités dans lesquelles vous vous êtes engagés. Nommez-les par des phrases courtes ou 2-3 mots et ne cherchez pas à les prioriser pour le moment.
Ensuite, rajoutez à cette liste les activités qui vous prennent du temps au quotidien, chez vous, dans votre vie personnelle.
A droite de cette liste, ouvrez deux colonnes de classement : une colonne de classement par ordre de temps passé et une colonne de classement par ordre d’importance pour vous. Et enfin identifiez le décalage entre ce qui vous prend du temps (colonne 2) et ce qui vous importe (colonne 3), le but étant évidemment de rééquilibrer les deux.
2/ Passer à l’acte
Pour y arriver, une des possibilités est de se donner une intention tous les matins, après le réveil. S’asseoir et noter par écrit une chose importante à réaliser dans la journée. Cela peut être aussi fait la veille au soir pour le lendemain.
Identifiez ce qui vous donne de l’énergie et ce qui vous en prend (cela peut être des activités, des gens, des façons de faire, des rythmes…)
A la fin d’une journée, n’hésitez pas à faire le point sur ce qui vous a empli et ce qui vous a vidé… et tirez-en des conclusions.
Sur tous les sujets répétitifs ou administratifs, comme répondre à des mails, ne les faites pas au fil de l’eau ou au gré des notifications mais rassemblez-les pour y consacrer un moment spécifique. Il est établi que regarder ses emails moins souvent, réduit le stress et augmente l’efficacité des réponses.
N’hésitez pas à bloquer des espaces dans votre agenda pour respirer, faire un tour de pâté de maison, lire quelques pages d’un livre… pas pour vous ruer sur votre téléphone mais pour respecter votre rythme ultradien (sujet développé ci-dessus).


