On est dans la lune

Il fallait lever les yeux le jeudi 4 décembre à 6h14 du matin.
Comment ça vous n’y avez pas pensé ? C’est vrai qu’on aurait pu vous prévenir avant… mais on y était (dans la lune 🤪).

Ce moment rare, une super lune pile au périgée, (le périgée, c’est le point orbital d’un objet céleste le plus proche de la terre) ne se reproduira pas avant 2042… ce qui ne nous empêche pas, dès aujourd’hui, de nous échapper de notre planète et d’aller voir plus grand que nous !

La Lune tient son nom d’une déesse romaine, Luna, rapidement assimilée à Diane. Selon l’hypothèse dominante, elle serait née d’une collision entre la Terre en formation et un objet nommé Theia, il y a 4,6 milliards d’années. D’un diamètre de 3 476 km, elle est 4 fois plus petite que la Terre et son attraction est 6 fois moins forte. La distance qui les sépare oscille autour de 400 000 km en fonction du positionnement de la Lune.

400 000 km qui nous permettent de la contempler à l’œil nu… sans jamais s’en lasser : regarder la Lune, c’est propice à la fois au rêve et au questionnement sur notre toute petite condition humaine. Distinguer les aspérités de cet astre, c’est se sentir à la fois proche de lui et commencer un long voyage dans l’infini et vers tout ce qui nous dépasse.

Anne et Charlotte, parfaitement bien lunées

LA PENSÉE DU JOUR

🌙 Le quiz lunaire

Vous croyez tout savoir sur la Lune ? On vous met au défi 😉


La Lune rend insomniaque

Faux. A ce jour, aucune étude digne de ce nom n’a prouvé l’impact de la lune, qu’elle soit pleine ou pas, sur notre sommeil !

Il y a plus d’accidents ou de meurtres lors de la pleine Lune

Faux. Amateurs de films d’horreur, nous sommes désolées pour vous, là non plus, rien n’a été prouvé pour les meurtres ou les suicides. Par contre, nos amis les bêtes, sangliers, cerfs et autres habitants de nos campagnes et de nos forêts, sont plus prompts à se balader lorsque les nuits sont claires et donc… se font plus écraser par les nuits de pleine Lune.

La Lune peut être bleue

Rare, mais vrai. Après certaines éruptions volcaniques, l’atmosphère terrestre est modifiée par les aérosols, qui laissent passer le bleu et bloquent les autres couleurs.

La Lune est ronde

Pas tout à fait. Elle est légèrement aplatie à cause de sa rotation synchrone avec la Terre.

La Lune tourne sur elle-même

Vrai. Mais elle tourne à la même vitesse qu’elle tourne autour de la Terre : c’est pour ça qu’on voit toujours la même face.

Il y a du vent sur la Lune

Faux. Il n’y a pas d’atmosphère. Le drapeau planté par les astronautes semble bouger… à cause des vibrations, pas du vent.

La Lune s’éloigne de nous

Vrai. De 3,8 cm par an. Un jour, les éclipses totales de Soleil ne seront plus possibles.

La Lune est responsable de l’augmentation des inondations

Pas totalement vrai. Pas totalement faux… La Lune influence les marées, ça c’est certain. Tous les 18,6 ans, l’orbite de la Lune « oscille » entre un maximum et un minimum de plus ou moins 5 degrés par rapport à l’équateur de la terre. Ce cycle, documenté pour la première fois en 1728, s’appelle le cycle nodal lunaire. Lorsque le plan lunaire s’éloigne du plan équatorial, les marées sur terre diminuent. Lorsque l’orbite de la Lune est plus alignée avec l’équateur, les marées sont exagérées. Dans les années 2030, une « oscillation » de l’orbite de la Lune, associée à l’augmentation du niveau des mers due au changement climatique, devrait accroître le risque d’inondations côtières. Donc si la Lune n’est pas responsable des inondations récentes, dues au réchauffement climatique, elle va amplifier les inondations dans les années 2030, ça oui.

La pleine Lune déclenche plus d’accouchements

Pas prouvé. Encore un mythe tenace… mais aucune étude sérieuse n’a réussi à prouver un pic de naissances pendant les nuits de pleine Lune. Aucune recherche n’a trouvé de corrélation significative entre les phases lunaires et les accouchements.
En revanche, l’idée persiste ! Sans doute parce qu’on mémorise mieux les coïncidences frappantes.

Femmes et Lune

Une histoire de cycles, de pouvoir et de symboles


Depuis des millénaires, la Lune est associée au féminin : cycle, fécondité, instabilité, mystère… L’astre a servi à penser (et souvent à essentialiser) le corps et les comportements des femmes.


Femmes mythiques et lunaires :

Artémis (déesse grecque de la chasse et de la chasteté), Séléné (personnification grecque de la Lune), Hécate (déesse grecque de la magie et de la nuit), Isis (déesse égyptienne de la maternité et des cycles) : toutes partagent un lien symbolique avec la Lune.

Ces figures féminines lunaires incarnent tour à tour la fertilité, la sagesse, la mort, la transformation, les cycles.


Femmes lunatiques :

Dès l’Antiquité, les “fluctuations” du comportement féminin ont été interprétées comme une influence de la Lune. Le terme “lunatique”, utilisé depuis le Moyen Âge, désignait les personnes sujettes à des troubles mentaux périodiques, supposément liés aux phases lunaires. Les femmes, plus que les hommes, ont été associées à cette « instabilité », renforçant l’idée d’un féminin influencé, poreux, malléable et donc, historiquement, à surveiller…


Femmes cycliques :

Le cycle menstruel dure en moyenne 29,5 jours… presque comme le cycle lunaire.

Les médecins de l’Antiquité, Hippocrate en tête, pensaient que les cycles féminins étaient directement synchronisés avec les phases de la Lune. Cette idée a perduré dans les représentations collectives, même si les recherches modernes montrent qu’il n’y a pas de corrélation systématique entre les deux.


Ce parallèle a nourri l’image d’un féminin “naturel”, lié à la Lune, une image souvent mobilisée pour assigner les femmes à un rôle biologique : mère, nourricière, cyclique. Un imaginaire puissant… et piégeant.


Les femmes et leurs humeurs :

Jusqu’au XIXe siècle, on pensait que la Lune influençait les fluides du corps humain — et donc les humeurs (au sens médical du terme).

La théorie des “humeurs” héritée d’Hippocrate associait les maladies à des déséquilibres de liquides internes, eux-mêmes soumis à des influences cosmiques.


Les femmes, jugées plus “humorales”, étaient donc vues comme plus vulnérables à ces variations lunaires. C’est dans ce contexte qu’est née l’idée d’une « hystérie lunaire », diagnostiquée principalement chez les femmes. Au XVIIIe et XIXe siècles, cette pathologisation a servi à médicaliser, et souvent à enfermer, des femmes jugées “trop émotives”, “instables” ou simplement… récalcitrantes.

POUR ALLER PLUS LOIN

Ecouter Serge Reggiani lire Les bienfaits de la Lune de Charles Baudelaire

Ecouter Philippe Cassard interpréter Clair de Lune de Debussy

Revivre les premiers pas de l’homme sur la Lune

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