28 décembre 2025
Chez Nold, on s’est donné une mission : démonter l’âgisme pièce par pièce et tout remonter à notre Nold sauce. L’âgisme, c’est ce réflexe, parfois inconscient, qui range les gens dans la case « vieux » ou « plus dans la course » en se basant sur un simple chiffre : l’âge.
On le croise au travail, quand un CV est écarté parce que « le profil est senior », dans la rue quand on vous cède la place (alors que quoi, vous revenez juste d’un semi-marathon, c’est pour ça que vous avez l’air un peu rouillé, non?) ou dans les médias, où les plus de 50 ans sont trop souvent invisibles ou caricaturés.
Changer le regard que la société, les autres, portent sur l’âge, c’est aussi changer notre propre regard. Et pour y arriver, il faut inventer de nouveaux récits, où vieillir n’est pas synonyme de mise à l’écart mais d’énergie, d’audace et de plaisir de vivre.
Aujourd’hui, on a envie d’aller voir du côté des dessins animés. Parce que c’est là que nos imaginaires se forment, dès l’enfance. Là que, sans qu’on s’en rende compte, on apprend à quoi « ressemble » un vieux… et ce n’est pas toujours joli-joli. Entre sorcières édentées, papys radoteurs et mamies assoupies, l’âgisme commence parfois… avant même qu’on sache lire.
Anne et Charlotte, animées comme jamais
TEST & NOLD
LES DESSINS ANIMÉS : MIROIR DES CLICHÉS
Ils habitent notre mémoire comme de vieilles photos : la silhouette voûtée de la sorcière de Blanche-Neige, ses doigts crochus autour d’une pomme empoisonnée, la grimace malicieuse de Madame Mim, la voix rauque d’Ursula. Dans ces mondes colorés, les anciens sont rarement héros mais plutôt obstacles, menaces, accessoires.
Sans compter que les vieilles méchantes des dessins animés Disney sont globalement des femmes et que ce qui les anime, c’est avant tout, d’absorber la jeunesse des héroïnes…
Et quand les vieux ne sont pas méchants, ils sont absents. Effacés de l’histoire comme si le grand âge ne méritait pas de place à l’écran. C’est ce que les chercheurs appellent le visual ageism : une invisibilité polie, qui commence très tôt et se poursuit dans nos représentations d’adultes.
Reste le « vieux sage », figure réconfortante mais immobile. Celui qui connaît la route mais ne la prend pas. Celui qui tend l’arme magique puis disparaît derrière la fumée. Figure noble, certes, mais passive. Les enfants en retiennent que l’aventure est réservée à ceux qui ont la peau lisse et les articulations souples.
JUST NOLD IT
INVENTER D’AUTRES RÉCITS : MIYAZAKI ET COMPAGNIE
Et puis il y a des exceptions. Des histoires qui donnent aux personnages âgés non seulement un rôle, mais une vie.
Chez Hayao Miyazaki, par exemple, les anciens sont au centre de l’action. Sophie, dans Le Château ambulant, gagne en audace et en liberté après avoir été transformée en femme de 90 ans ! Dans Ponyo, les pensionnaires de la maison de retraite sont drôles, curieuses, bavardes. Dans Kiki la petite sorcière, la boulangère et l’artiste âgée aident l’héroïne… mais elles vivent aussi leur propre quotidien, plein de gestes et de projets. Même les figures animales, comme Moro la louve de Princesse Mononoké, portent la puissance et la ruse de l’expérience.
Et il n’y a pas que Miyazaki. Pixar a offert à Carl, qui part en voyage en dirigeable dans Là-Haut, une aventure physique et émotionnelle à 78 ans. Dans Coco, Mamá Coco n’est pas seulement “la vieille du village” : sa mémoire est le fil qui retient toute l’histoire. Dans Kung Fu Panda, Maître Oogway est sage, oui, mais aussi déclencheur de l’action : c’est lui qui choisit le héros et bouleverse l’équilibre du monde.
Ces récits bousculent l’âgisme en montrant que vieillir, ce n’est pas sortir du cadre : c’est continuer à s’y mouvoir, différemment, mais avec la même intensité. Les enfants qui les regardent voient autre chose que des rides : ils voient des possibles.
POUR ALLER PLUS LOIN
Lire l’interview d’Anne dans Usbek et Rica : « sexisme, âgisme… ne nous laissons pas enfermer »
Ecouter la chronique de Benoit Lagane sur France Inter : Comment les seniors font-ils de la résistance dans les séries ?
En savoir plus sur l’évolution de la place des seniors dans les films hollywoodiens
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Personnellement, entre 60 et 70 ans, j’appelle les gens de cet âge des sexygenaires!!!
Ça a fait beaucoup de bien a une amie qui vient d’avoir 60 ans!
Etre Nold c’est ce que j’essaie de faire depuis l’âge de 65 ans que j’ai atteint en relative bonne santé. J’avoue que j’ai longtemps redouté la veillesse, comme la maladie : grands-parents âgés, qui « piquent », qui « sentent », atteints d’attaque cérébrale et condamnés au fauteuil, mère Alzheimer, père en démence sénile. Donc nn : vieillir ce nest pas la Bibliotheque rose, être en ALD peut être un avant goût de l’enfer. Votre demarche est très intéressante mais a 50/55 ans et même 60+ on est encore, dans la plupart des cas, « en bonne état de marche ». Donc « jeune ». Actif. Autonome
Comme me l’avait dit une dame plus âgée qui me voyait arpenter énergiquement un sentier de randonnée : » Profitez bien : ça ne va pas durer ». Prédiction réalisée hélas apres 2 AVC…a 67ans.
Donc merci de ne pas trop nous vendre des lendemain meilleurs: ça ne peut aller qu’en allant moins bien. Tondre sa pelouse devient un exploit, grimper une échelle pour élaguerun arbre est exclu. Décider au pied levé de repeindre une chambre n’est pas possible.
Quant a la rando, si c’est pour rejoindre les chenilles processionnaires caquetantes de Terdav : non merci.
Moi mon truc c’est boucler mon sac a dos, sauter dans un train quand j’en ai envie, descendre vers le Sud et attaquer les crêtes basques. A 65 ans je le pouvais, seule, a bientot 68, c’est juste pas possible et c’est pas de l’autoâgisme, juste une triste réalité…
On est bien d’accord qu’à un moment, on peut être rattrapé par la santé et ça c’est vraiment difficile. Surtout que ça peut nous tomber dessus alors qu’on était en forme juste avant… Alors, oui, c’est avant tout une histoire de gènes, de cortisol, de bonne chimie dans le corps. Mais Nold sert aussi à ça, à s’entourer de bonnes vibes plutôt que d’être assommé de mauvaises nouvelles et de s’entourer de dépressifs.
Alors on avance… De toutes façons, on n’a pas assez d’essence pour aller dans l’autre sens comme le dit le Nold Alain Souchon !
J’ai 71 ans, et quand je dis ou écris mon âge, je me surprends moi-même à être incrédule et même effrayée : J’ai donc atteint cet âge-là! C’est que je me sens aussi jeune qu’avant. Parfois je me retrouve en jeune fille en fleurs, ou plutôt en jeans, j’ai 18 ans! intérieurement, je ne dépasse jamais la trentaine. Bien sûr, il y a le corps qui change d’aspect si on n’y prend pas garde, et le reflet dans le miroir, au saut du lit, n’est plus vraiment fidèle à l’idée que je men fais. Tant pis. Je prends soin de moi, à ma façon, et dans la mesure de mes moyens. Je suis en bonne santé dans l’ensemble, j’ai gagné des batailles et j’en gagnerai d’autres. Le plus important, c’est d’avoir des projets qui nous tiennent à coeur, et de tout faire pour les mener à bien. Demain est un autre jour. Profitons, nous avons tout notre temps!
L’âgisme est malheureusement tellement ancré dans notre société et particulièrement en France au niveau professionnel. Curieusement, pour certains de nos représentants politiques de plus de 75 ans, on ne parle même pas d’âge de la retraite.