L’aventure solo, ça vous tente ?

L’été est un bon moment pour penser voyage mais aussi pour réfléchir à de nouvelles expériences afin de nourrir notre insatiable curiosité et notre envie de découvrir de nouvelles choses.

 

Il y a quelque temps, Axelle nous avait raconté ses périples en vélo, en solo (retrouvez son témoignage ci-dessous) et c’est maintenant Valentine (Nold avant l’âge), qui nous écrit pour nous présenter son métier : accompagner les aspirations de voyages de femmes qui n’osent pas se lancer seules.

Nous n’avons personnellement jamais expérimenté ce format mais nous imaginons aisément les effets bénéfiques d’une telle aventure : sortir de sa zone de confort, se retrouver soi, être plus réceptif à la rencontre, avoir un sentiment de liberté…
La démarche de Valentine nous a séduites et nous avons souhaité en savoir plus pour vous en informer. Pourquoi est-ce si difficile de se lancer ? Pourquoi les femmes ? Qu’est-ce que ça déclenche ? Qu’est-ce que ça révèle ? Comment faire ?

Ses réponses à nos questions donneront peut-être envie à certaines d’entre vous de se jeter à l’eau 🙂

Anne et Charlotte, qui aiment cheminer ensemble…

LA PENSÉE DU JOUR

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JUST NOLD IT - Les réponses et conseils de Valentine @osezplusloin

Valentine partage avec nous son histoire et témoigne de son expérience de voyageuse solo. Elle accompagne aujourd’hui de nombreuses femmes.

 

Pourquoi est-ce si difficile de se lancer ?

 

Voyager seule ne demande pas seulement de réserver un billet d’avion ou de train. Cela demande de dépasser tout un ensemble de peurs et de croyances profondément ancrées.

 

La première est celle de la sécurité. Beaucoup de femmes imaginent immédiatement le pire scénario possible. Les médias, les faits divers ou encore des films comme Taken ont contribué à construire un imaginaire où une femme seule serait forcément en danger.

 

Il y a ensuite la peur des imprévus : Et si je rate mon train ? Si je me fais arnaquer ? Si je tombe malade ?  Lorsque nous voyageons en groupe, chacun prend naturellement un rôle. Seule, on devient responsable de tout, et cela peut être intimidant. À cela s’ajoutent la peur de la solitude, la barrière de la langue ou encore l’idée que voyager seule coûte forcément cher.

 

Au fond, le véritable obstacle n’est pas le voyage. C’est le manque de confiance que nous avons dans notre capacité à faire face à l’inconnu.

 

Pourquoi accompagner spécifiquement les femmes ?

 

Parce que cette mission est née de mon histoire.

 

J’ai mis près de dix ans avant d’oser voyager seule. Pendant cette période, je voyageais… mais toujours accompagnée. Comme beaucoup de femmes, j’avais intégré l’idée qu’il était plus risqué, plus égoïste ou tout simplement moins normal de partir seule.

 

Pourtant, mon premier voyage en solitaire en Italie a changé bien plus que ma façon de voyager. Il a transformé mon regard sur moi-même. J’ai compris que je pouvais exister autrement qu’à travers mon métier, mes réussites ou le regard de mon entourage !

 

Aujourd’hui, j’accompagne des femmes très différentes : des mères qui culpabilisent à l’idée de prendre du temps pour elles, des femmes en burn-out qui ont oublié qu’elles existaient en dehors de leur travail, ou encore des célibataires qui repoussent leurs envies de voyage parce qu’elles attendent la bonne personne.

 

Au fond, le voyage solo n’est qu’un prétexte. Ce que l’on vient réellement travailler, c’est l’autonomie, la confiance en soi et la liberté de s’autoriser à vivre pour soi. Or, beaucoup de femmes ont appris à faire passer les besoins des autres avant les leurs.

 

Qu’est-ce que cela déclenche ? 

 

Voyager seule agit souvent comme un accélérateur.

 

Lorsqu’on quitte ses repères, on découvre une version de soi qui n’avait jamais vraiment eu l’occasion de s’exprimer. On apprend à prendre des décisions, à résoudre des problèmes, à faire confiance à son intuition. Beaucoup de femmes me disent qu’elles reviennent plus sereines, plus confiantes et plus fières d’elles.

 

Ce n’est pas le voyage qui les transforme. C’est le fait d’avoir découvert qu’elles étaient capables de bien plus !

 

Qu’est-ce que cela révèle ?

 

Le voyage révèle des ressources que le quotidien laisse souvent de côté.

 

Il révèle notre capacité d’adaptation, notre curiosité, notre ouverture aux autres, mais aussi beaucoup d’humilité.

 

Lorsqu’on découvre d’autres cultures, d’autres façons de vivre et parfois des réalités beaucoup plus difficiles que les nôtres, on revient souvent avec un regard différent sur sa propre vie.

 

Le voyage ne nous change pas en quelqu’un d’autre. Il révèle simplement des facettes de nous que nous n’avions jamais eu l’occasion d’explorer.

 

Comment faire ?

 

Je conseille toujours d’y aller par petits pas.

 

Avant de partir à l’autre bout du monde, commencez par vous offrir une journée seule : un café, un musée, une randonnée ou un restaurant.

 

Puis un week-end chez un ou une amie, avec des journées en 100% solo et des retrouvailles en soirée !

 

Puis quelques jours en solitaire en mode « city break ».

 

L’objectif n’est pas de ne plus avoir peur. L’objectif est de comprendre que la peur peut être présente… sans nous empêcher d’avancer !!

 

Je conseille également de demander des conseils à des personnes qui voyagent seules plutôt qu’à celles qui ne l’ont jamais fait, de bien préparer son départ pour partir sereinement, mais aussi de ne pas chercher à tout contrôler… (accordez-vous des moments slow en ne programmant rien pendant vos vacances en solo!! Relâchez la pression du quotidien en ne faisant RIEN).

 

Enfin, j’aime rappeler une chose essentielle : le voyage ne guérit pas tout. Il n’efface ni les blessures ni les difficultés. En revanche, il peut devenir un formidable catalyseur de confiance, de recul et de transformation !

 

Alors, ça vous tente ?

LE TEMOIGNAGE NOLD APPROVED

Axelle, voyageuse à vélo en solo, adepte des nuits chez l’habitant.

 

Axelle, voyageuse à vélo en solo, adepte des nuits chez l’habitant.

 

D’où vous est venue cette idée de voyage « alternatif » ?

 

J’ai commencé à dormir chez l’habitant lors de mon premier voyage en Amérique du Sud, en 1984. Cette expérience m’a donné envie, en revenant à Paris, de vivre en colocation avec des étrangers (à l’époque, ils étaient les seuls ouverts à cette pratique). Et puis plus récemment, je me suis lancée dans le chemin de Compostelle et la randonnée vélo. Mon goût pour les rencontres imprévues et mon amour de la randonnée m’ont donné l’envie de combiner les deux !

 

Comment vous organisez-vous pour dormir tous les soirs ?

 

Mon plan A, c’est de dormir chez l’habitant. La veille ou le jour même, j’envoie des demandes pour le soir et selon les réponses, j’élargis la recherche et allonge le trajet. La densité d’hébergeurs est variable selon les régions, pour les trouver, j’ai quelques ressources fétiches : Dodocyclo sur facebook, les applis Warmshowers et BeWelcome ainsi que le site Nomadsister. J’ajuste l’étape en fonction des réponses, au plus tard à 16h.

Mon plan B, c’est le camping, j’ai toujours une tente sur moi 😉

Et mon plan C, encore jamais essayé, mais ça me tente, c’est le « gamping », contraction de garden et camping : on plante la tente dans le jardin de quelqu’un. Des sites existent aussi pour cela : HomeCamper par exemple.

 

Est-ce que cela a été difficile de vous lancer ?

 

Non, pas du tout, parce que ça s’est fait progressivement, sans mauvaise expérience et que voyager en solo correspond à mon caractère curieux et optimiste. Je n’ai pas peur et je crois à la gentillesse et l’ouverture des gens. Les membres de ces communautés ont le même état d’esprit.

 

Qu’est ce qui vous plaît dans ce type d’aventure ?

 

Ce qui me plaît ? La rencontre avec des profils très divers et l’imprévu : ne pas savoir le matin où je dors, qui je vais rencontrer.

 

Avez-vous une anecdote à partager ?

 

Tous ces voyages chez les autres m’ont donné envie d’accueillir chez moi. J’ai commencé par recevoir une jeune Colombienne qui découvrait l’Europe à vélo en solo. Je me suis reconnue dans mon expérience seule en Amérique du Sud il y a … 40 ans. Nous restons en contact : les réseaux le permettent facilement aujourd’hui. Depuis, j’ai également reçu un jeune Brésilien, 2 Polonaises… autant d’adresses pour mes futurs voyages 😉 En plus de recevoir des personnes qui voyagent comme moi, j’héberge maintenant des jeunes étudiants via la startup Colette, qui aide les étudiants et jeunes actifs à se loger en cohabitant avec des hôtes qui ont une chambre à louer, une belle façon de faire cohabiter les générations.

 

Cet état d’esprit génère beaucoup de liberté et je profite de chaque instant en m’ouvrant à un monde toujours plus large.

POUR ALLER PLUS LOIN

Découvrir Valentine : son profil et son offre

Lire « Le voyage pour les filles qui ont peur de tout »

Rencontrer des gens en voyage avec l’aide de BeWelcome

Trouver un hébergement via Nomadsister

Cet article vous a plu ?

3 Comments.

  1. Bonjour,
    Votre article est très intéressant. J’ai l’habitude de partir quelques jours seule en France mais en septembre j’ai décidé de partir seule (mon mari n’étant pas intéressé) à Porto pour 4 jours. Pas spécialement envie de rencontrer des gens car je suis très bien avec moi-même et j’aime cette liberté. Au risque que voyager autrement que seule devienne difficile 😉 Et bien sûr je ne parle pas portugais. Mais je suis impatiente d’y être.

  2. Bonjour, j’ai 64 ans et depuis 5 ans je voyage seule en Amérique centrale et Amérique du Sud. Je dors dans les hostels, dans les dortoirs que je réserve la veille dès que je connais mon itinéraire. Dans ces lieux, tout le monde a le même état d’esprit de bienveillance, peu importe l’âge. Souvent je me retrouve au restaurant avec plusieurs jeunes qui ont l’âge des mes enfants, voir plus jeune, mais je fais partie de leur groupe et le lendemain on part ensemble. Cette manière de voyager représente pour moi une grande liberté et me permet de faire des rencontres extraordinaires de tous horizons. On m’a déjà demandé de m’accompagner mais je ne veux en aucun cas changer mon état d’esprit de voyage alors je refuse. Essayer de voyager seule c’est l’adopter à vie !

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