Dans un monde hyperconnecté, la modernité n’est peut-être plus dans l’innovation technologique mais dans la capacité à choisir quand s’en déconnecter, à s’autonomiser, à retrouver du temps long, voire des moments d’ennui dont on sait qu’ils favorisent ressourcement et créativité.
En 2025, les recherches Google « how to reduce screen time » (comment réduire son temps d’écran) ont atteint un pic historique. Et c’est là que nous, les Nolds, sommes au centre du jeu, car nous avons un pied dans un passé où nous savions patienter, traîner, muser… et un pied dans ces nouvelles pratiques que nous savons utiliser. Presque. Car nombre d’entre nous sont aussi devenus les esclaves de ces écrans, de cette capacité à être informé de tout, de rien, à toute heure, et de ces mini décharges de dopamine que cela procure.
Etonnamment, ce sont les plus jeunes qui prennent le taureau par les cornes. Éprouvant de la nostalgie d’un temps qu’ils n’ont pas connu, ils développent des initiatives qui renouent avec des pratiques que l’on pensait révolues comme les Snail Mail Clubs où la Gen Z se retrouve pour écrire et envoyer des lettres, avec un nom qui loue la lenteur de l’escargot et un retour au courrier qui répond à une fatigue bien réelle. D
Si votre fatigue n’est pas seulement physique mais provient d’une saturation mentale, alors il est temps de retrouver un équilibre et de mettre en place des actions pour la juguler.
Anne et Charlotte, libérééés, délivréées (enfin, presque)
TEST & NOLD
A l’heure où nos écrans nous saturent et sont eux-mêmes saturés d’IA et de contenus interchangeables qui servent juste à nous filer des décharges de dopamine vide, de plus en plus d’initiatives se font jour pour ralentir et retrouver du temps linéaire.
De nombreuses études montrent les dégâts que génère l’exposition aux écrans incessante et répétée, qui vont de la fatigue mentale à une perte de mémoire, voire à une perte de la notion du temps, car on n’imprime plus les évènements dans sa tête.
Les plus jeunes sont les premiers à commencer à se rebeller et à vouloir s’échapper d’une spirale virtuelle qui leur coupe toute autonomie, nostalgiques d’un temps qu’ils n’ont pas connu, mais qui leur semblait plus simple et appréhendable dans nos limites d’êtres humains.
Sur TikTok, leur réseau social de référence, le #AnalogLife cumule plus de 76 millions de vues. La vie analogique c’est réduire sa dépendance au numérique pour retrouver du temps de qualité, en renouant avec des habitudes comme écrire à la main, utiliser des appareils photos ou des lecteurs de musique, et redécouvrir des interactions en chair et en os ! C’est quand même fou de devoir nommer des pratiques qui étaient juste… normales.
Selon le Wall Street Journal, une nouvelle vogue en matière d’architecture est d’intégrer des « pièces analogiques » soit volontairement dépourvues de technologie. Des espaces pensés pour se retrouver en famille sans écrans d’aucune sorte mais entourés d’horloges à aiguilles, de platines vinyles, de jeux de société, de livres et d’instruments de musique. Les designers parlent d’un vrai changement de philosophie. La maison devient un refuge pour la santé mentale, la créativité et le lien social. Concevoir des espaces sans technologie devient un choix délibéré pour retrouver de la présence.
Une autre tendance vient de voir le jour, celle de « l’analog bag » qui consiste à mettre dans son sac des objets qui vont dérouter votre main lorsqu’elle s’abat par réflexe sur votre téléphone : un crayon et un carnet de note, un chewing gum, un livre… Et en parlant de livre, le dernier chic aujourd’hui est d’avoir accroché à son sac un « analog charm », un petit livre équipé d’un mousqueton, crée par la marque Coach ! Trop cool d’être vu dans le métro en train de lire UN VRAI LIVRE comme la mannequin Elle Fanning, égérie de la marque. A 125 euros, on peut relire « Raison et Sentiment » de Jane Austen, une aubaine pour ce qui s’appelle désormais du « long-form storytelling » !!! Quand on vous le dit que, nous les Nolds, avec nos livres de poche dans nos sacs, nous sommes au sommet de la modernité. 😜
JUST NOLD IT
Ne pas se jeter sur son téléphone dès le matin :
Remplacer le scrolling par des gestes tangibles, quitte à « abandonner » (oui, on sait, c’est dur) son téléphone dans une autre pièce la veille et à se doter d’un réveil classique. Profitez-en pour regarder la lumière du jour par la fenêtre avant la lumière bleue des écrans. Et pour préparer votre petit-déjeuner, faire couler votre café ou infuser votre thé en conscience…
Ecrire à la main :
Le plus possible essayez de prendre des notes manuscrites.
De la liste de courses, aux pensées qui arrivent lors d’un trajet, aux to-do listes, aux notes de réunion ou au journal intime, écrire à la main est un excellent moyen de ralentir et de se recentrer. Dessiner ou gribouiller ça marche aussi pour apaiser le cerveau !
Lire un livre papier :
Remisez la liseuse, certes bien pratique en voyage, mais qui prive du plaisir de tourner les pages et découvrir la phrase d’après avec ses doigts. Une immersion dans les histoires des autres, ou une exploration documentaire loin de toutes sources de déconcentration et autres notifications numériques sont les moyens de recentrage par excellence !
Faire des pauses sensorielles :
Relevez les yeux de vos écrans, regardez au loin (un des excellents exercices de la Noldletter « Pour y voir plus clair« ), levez-vous cinq minutes, étirez-vous, écoutez votre environnement (chants d’oiseaux ou de vos voisins), ressentez le soleil ou l’air sur votre peau…
Passer des coups de fil :
Même s’il n’y a plus de fil, prendre de temps en temps son téléphone pour prendre des nouvelles permet de sortir son nez de son écran et d’avoir une relation plus intime avec son interlocuteur qu’à travers quelques textos ou emojis.
Retrouver le plaisir des jeux de société :
Même le solitaire est un jeu qui se joue avec des vraies cartes plutôt que sur son écran !
Programmer une sortie sans digitalisation :
Aller au marché, se promener, visiter une expo en luttant contre le réflexe de prendre une photo ou de chercher une information sur internet. Cela développe la mémoire et l’attention aux détails.
Externaliser ce qu’on faisait avant les smartphones :
Retrouver le plaisir de prendre des photos et d’attendre le résultat en utilisant un appareil photo, ou de mettre un disque sur une platine et de devoir se lever pour mettre la face B. Porter une montre plutôt que de dégainer son téléphone pour voir l’heure. Reprendre un agenda papier ; là encore, le plaisir du papier, l’efficacité de tourner vite les pages et de voir visuellement ses activités… même si on réalise bien que ce n’est pas l’habitude la plus évidente à reprendre, surtout si on a un agenda partagé. Arrêter le GPS et se pencher sur une carte Michelin et se régaler au temps passé à la replier… Bon, là, c’était le bonus de fin de la liste des actions potentielles 😉. Celle-ci on n’y croit pas du tout !
N’hésitez pas à nous écrire pour nous dire quel est le premier pas vers la libération que vous faites et si vous avez d’autres techniques à partager. Et, évidemment, tout est affaire d’équilibre.
POUR ALLER PLUS LOIN
Découvrir un remède au défilement frénétique sur téléphone portable en lisant notre post sur l’analogbag


