Crise de la quarantaine, crise de la cinquantaine, crise de la soixantaine ? Que nenni ! En bon Nolds que nous sommes, nous les prenons comme de prometteuses transitions identitaires qui clarifient nos priorités et dégonflent bien des injonctions.
Prenons le passage de la cinquantaine, les études en psychologie du développement montrent qu’il correspond à une phase de réévaluation : on quitte la logique d’accumulation (statut, possessions, validation sociale) pour entrer dans une “dynamique de sélection socio-émotionnelle” (Charles & Carstensen, 1999). Concrètement, cela signifie que l’on privilégie les relations et activités qui apportent du sens, au détriment des engagements superficiels (comme l’éternel abonnement non suivi à la salle de sport. Ça n’est pas scientifique, c’est Noldifique).
C’est l’envie de réduire ses responsabilités pour consacrer du temps à la peinture ou encore de prendre davantage de temps pour soi, activité qui rentrait jusqu’ici difficilement dans l’agenda. Ces choix ne sont pas des renoncements, mais des optimisations du bien-être.
Sur le plan neuropsychologique, des travaux – détaillés ci-dessous – ont montré que la régulation émotionnelle s’améliore avec l’âge : les quinquas ressentiraient moins d’émotions négatives intenses et sauraient mieux relativiser les frustrations. Cette stabilité émotionnelle, combinée à une conscience accrue de la finitude, favorise des décisions plus alignées avec les valeurs personnelles. En d’autres termes, la cinquantaine est souvent le moment où l’on se libère des »scripts » imposés pour écrire son propre scénario. Tout un programme ! Et quand on apprend que 60 ans serait notre apogée (article complet dans les “pour aller plus loin” ci-dessous), on se dit que tout est permis !
Anne et Charlotte, libérées, délivrées, délestées (y a qu’à croire 😉
TEST & NOLD
L’approche scientifique de Susan Charles et Laura Carstensen repose sur des travaux empiriques en psychologie du développement et en neurosciences sociales, articulés autour de la Socioemotional Selectivity Theory (SST).
Ces recherches montrent :
une baisse des émotions négatives intenses et une meilleure régulation émotionnelle chez les adultes plus âgés.
un effet de positivité, à savoir préférence pour les informations positives dans l’attention et la mémoire, ce qui contribue à un sentiment de bien-être.
une stabilité émotionnelle accrue : les quinquagénaires gèrent mieux les frustrations et relativisent les échecs.
Ce qui a pour conséquence de…
1) …se libérer du besoin d’approbation sociale
À partir de la cinquantaine, dire ‘’non’’ devient un acte de santé psychique. De nombreux psychologues et praticiens insistent sur la libération du regard d’autrui comme bénéfice majeur de la maturité : le temps devient une ressource précieuse qu’on protège, et l’on cesse d’indexer ses décisions à l’acceptation des autres. Sur le plan subjectif, cette désinhibition sociale s’accompagne d’une authenticité plus spontanée : on renonce aux masques, on exprime ses préférences sans s’excuser. Les témoignages montrent que cette bascule n’est pas un rejet du lien social, mais une clarification des engagements qui nourrissent vraiment.
2) …se libérer de la comparaison permanente
La comparaison sociale chronique est associée à une hausse du stress et à une dégradation du bien-être. Beaucoup redécouvrent la valeur unique de leur trajectoire et débranchent partiellement les canaux qui alimentent la mise en concurrence de soi (réseaux sociaux, imaginaires de réussite standardisés). Les praticiens recommandent un »jeûne de comparaison » pour cesser de mesurer sa vie à l’aune d’idéaux extérieurs, se réapproprier son histoire et privilégier la justesse de l’instant présent.
3) …se libérer des rôles imposés (et des injonctions de performance)
Le ‘’cap des dizaines’’ heurtent souvent des identités surinvesties (parent, professionnel, ‘’jeune’’ à tout prix). À partir d’un certain âge, on reconfigure ces rôles : ils cessent d’être des carcans et redeviennent des choix. Les psychologues décrivent ce moment moins comme une rupture que comme un réajustement où l’on remet à niveau le rapport à soi, au corps et au temps.
Cette désidentification s’articule avec l’acceptation de certaines limites corporelles (ménopause, récupérations plus lentes, vigilance osseuse et musculaire). Paradoxalement, cette acceptation libère : on sort de la logique de surperformance pour privilégier la régularité, l’écoute de soi et la compétence transmise.
4) …se libérer des relations toxiques et du ‘’bruit’’ dans son agenda
La cinquantaine favoriserait un tri relationnel : les liens qui épuisent sont mis à distance, ceux qui nourrissent sont cultivés. Ce tri ne signifie pas se couper du monde — au contraire. Les études soulignent que la connexion sociale protège la santé mentale et somatique à cet âge. Il s’agit de réduire l’isolement tout en honorant ses limites, en privilégiant les groupes, clubs ou projets où l’on se sent en affinité.
5) …se libérer de l’idée qu’il serait ‘’trop tard’’ pour se réinventer
Les données sur l’apprentissage tout au long de la vie et les reconversions après 50 ans sont encourageantes : reprendre des études stimule la santé cognitive et la résilience, et une reconversion alignée sur ses valeurs améliore le bien-être. Les démarches pratiques — formations flexibles, alternance, apprentissages à distance — permettent de concilier projets et contraintes. Beaucoup d’établissements s’adaptent et les trajectoires réussies montrent qu’il n’existe pas d’âge »plafond » pour la passion ou la seconde carrière.
JUST NOLD IT
Voici quelques conseils pratiques pour une liberté durable…
Faites votre boussole de ce qui compte pour vous (pas plus de 15 minutes, pour que cela émerge spontanément). Listez 10 moments où vous vous êtes senti vivant. Identifiez 3 priorités pour les 6 prochains mois (ex. : santé, autonomie, créativité) et gardez-les comme filtre pour vos décisions.
Installez le rituel du ‘’non’’ constructif : avant d’accepter une sollicitation, demandez-vous si elle est vraiment utile et/ou source de plaisir. Si non, déclinez avec bienveillance. Cette micro‑discipline protège votre énergie et votre temps.
Réduisez votre exposition aux sources qui déclenchent la comparaison (feeds sociaux, de « moi j’ai fait 546 kilomètres en 5 heures sans toucher le sol », « moi je suis devenue cantatrice en 3 jours », etc…). Remplacez-les par des contenus qui nourrissent votre curiosité.
Désencombrez votre agenda et identifiez les rencontres et obligations qui vous fatiguent. Conservez celles qui vous tirent vers le haut ; augmentez les interactions positives (clubs, associations, cercles de pairs).
Identifiez ce que vous aimez vraiment faire (activité artistique, sportive, intellectuelle, sociale) et planifiez 3 heures hebdomadaires. Autant de petits projets personnels qui nourrissent et sortent des soucis du quotidien.
Continuez à apprendre. Langue, musique, … De nombreuses formations sont accessibles en ligne (MOOC) ou en présentiel (cours ou ateliers) et boostent la santé cognitive et l’estime de soi.
Visez la constance, pas la performance : adoptez une routine d’activité physique réaliste (force, mobilité, récupération).
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Nold vous souhaite une bonne année
J’ai adoré, tellement vrai, j’adore vos solutions, cette joie, cette ensoleillement que vous nous partagez. Allez cette fois je ne me laisse plus abattre, j’aurai bientôt 59ans et alors…😘 Merci, merci.
Toujours requinquée après lecture de vos conseils👌 j’apprécie votre humour et légèreté joyeuse. Merci pour ces cadeaux de valeurs.